Ho

Ghana

2019 Institut des Energies renouvelables

Création d’un premier Institut des Energies Renouvelables (REI) à Ho, au Ghana, en partenariat avec Village Exchange Ghana.

Le volet électrique de ce projet a été co-financé par l’Etat de Genève et la Commune genevoise de Meyrin. Un volet hydraulique sera réalisé ensuite.

 

Ho fait partie du Togoland britannique, rattaché au Ghana en 1956. Les natifs y parlent ewe et anglais.

Pour que le développement, que nous cherchons à impulser avec nos constructions dans le Sud, soit durable, il faut notamment que la maintenance de ces ouvrages (adductions d’eau, centrales électro-solaires puisse être assurée par du personnel compétent issu de la société concernée.
Pour répondre aux objectifs de développement endogène, les nouveaux ouvrages devront pouvoir être créés, voir conçus, par des spécialistes du pays, sans notre intervention.
Mais, jusqu’alors, dans ces pays, nos collaborateurs ont très rarement un niveau technique suffisant, faute d’écoles spécialisées prodiguant une formation théorique de qualité liée à la pratique indispensable. Or, pour concrétiser les fabuleux plans de développement de centrales solaires de toutes tailles claironnés ces temps par les gouvernements des pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Ghana, il y aura besoin de très nombreux électriciens spécialisés dans ces domaines.
IAS pensait depuis longtemps s’investir dans ces formations. L’occasion s’est présentée au sud-est du Ghana, à Ho, où l’ONG Village Exchange Ghana, qui a les mêmes buts pédagogiques, a mis à disposition ses bâtiments et collaboré à la création de ce premier Institut des Energies Renouvelables (REI).

Le bâtiment de VEG. Au centre du rez, la salle de cours abritant l’Institut des Energies Renouvelables ainsi que la centrale électro-solaire. À l’étage, l’extension construite pour l’Institut REI.

Fin février 2019, un test portant sur les connaissances élémentaires d’électricité et de calcul de circuits très simples, a été organisé pour les candidat(e)s au cours d’énergie électro-solaire, au siège de VEG, puis le lendemain à l’Institut Polytechnique de Ho. Le résultat a été très décevant : seuls 5 des 52 candidats avaient un niveau suffisant.

Avril 2019

En avril 2019, Bernard Béroud est retourné à Ho avec Raphael Ahadzi, un électricien d’IAS natif du Togoland (parlant français, anglais et ewe), pour donner un premier cours aux candidats sélectionnés ainsi qu’à deux collaborateurs de VEG «repêchés» car ils avaient participé à une sensibilisation au solaire. Moustapha Kaarimou, membre nigérien d’IAS était venu de Côte d’Ivoire ainsi que Paguedame Djagbani, un spécialiste de l’entretien des alimentations solaires IAS des bureaux de la Poste du Togo.

Le cours était complété par la construction de la centrale prévue pour alimenter l’ensemble du site. Malheureusement, cette construction n’a pu être achevée car le container maritime amenant les batteries de Chine avait pris un mois de retard.

La centrale a été construite à l’exception des batteries, et nous avons simultanément construit 2 petites centrales solaires domestiques qui nous ont alimenté en électricité pour la fin du cours, et ont alimenté pendant trois mois le bureau de VEG.

Câblage des centrales domestiques. De gauche à droite, Prosper Gawu, Djemima Dzame, Enoch Gazeti et Ruben Kpodo.
Raphael Ahazi avec les deux petites centrales domestiques pédagogiques de 300W et 600W.
Sur le toit, une partie des participants devant les panneaux solaires alimentant les petites centrales.
Le groupe à la fin de la session d’avril. Derrière, à gauche, Moustapha Karimou, et à droite, Paguedame Djagbani et Raphael Ahazi

Août 2019

En août, les batteries étant enfin arrivées au Ghana et dédouanées, Bernard Béroud est retourné à Ho. Le cours de 2ème niveau a été donné tout en terminant et en mettant en service la centrale solaire qui alimente depuis tout le site et servira de laboratoire «vivant».

Sur les 9 étudiants ghanéens (plusieurs d’origine togolaise) qui ont suivi le 2ème degré du cours électro-solaire, 3 ont réussi l’examen final le 17 août et sont devenus ainsi les premiers spécialistes en énergie solaire de cette région, recevant un diplôme de ce type :

Prosper Gawu, Ruben Kpodo, Yaovi Atikle, Edem Houndo, Bernard Béroud, Mawuli Akpoti, Cardinal Atiedzi-Otoo, Djemima Dzame et Anita Dey. Manque sur la photo : Enoch Gazeti.

Décembre 2019

En décembre, la centrale fut complétée par une éolienne verticale, à but essentiellement pédagogique, car à Ho, le vent ne souffle fort que durant les orages.

Energie électrique produite en courant continu par la centrale solaire de l’institut REI.

Energie électrique produite en courant alternatif 230V par la centrale solaire de l’institut REI.

À venir

En 2020, si le coronavirus nous le permet, il reste à organiser les cours réguliers avec des enseignants expatriés, puis des Ghanéens qui assureraient le transfert technologique et pédagogique.

D’autre part, les carences en électricité et calcul des circuits électriques de la majorité des jeunes intéressés à l’énergie solaire nous ont convaincu d’organiser des cours élémentaires dans ce domaine. Pour appuyer cet enseignement de base, des places de laboratoire ont été créées avec du matériel (générateurs, platines d’essai, multimètres, oscilloscope) dans la salle de cours où se trouve la centrale solaire.

Mécènes : Commune de Meyrin, Etat de Genève.
Partenaire : Village Exchange Ghana

Enfin, le volet «Eau» du REI, pompage au fil du soleil, récupération d’eau de pluie et désinfection aux ultraviolets, chauffage à thermosiphon, petite hydraulique, reste à implanter.