Brickaville

Madagascar

2019 Adduction d'eau, Centrale électro-solaire

Brickaville, ou Vohibinany, qui réunit près de 15’000 habitants, se situe sur la côte est de la « Grande Île», dans un relief tourmenté, à 245 km de la capitale Antananarivo.

La ville s’étend le long du fleuve Rianila, où il y a quelques années encore, les habitants puisaient l’eau (poluée) qu’ils utilisaient pour tous leurs besoins, comme sur cette photo de « Agir à Madagascar », en 2014.

Dans le cadre de l’aide française au développement, Hydraulique sans Frontières (HSF) a construit, dès 2014, et sous la direction de Alain Mouflard, une adduction d’eau potable autour de deux forages et d’un château d’eau de 100 mètres-cubes, d’une hauteur de 23 mètres.

En juin 2019, 397 foyers y sont raccordés directement, ainsi que 28 bornes-fontaines, 7 lavoirs et 3 groupes de latrines-douches. Avec l’aide de HSF, l’Association des Jeunes de Brickaville (AJB) gère en régie autonome la production et la distribution de l’eau.

Mais le coût élevé de l’électricité nécessaire pour pomper chaque jour les quelques 200’000 litres (200 m³) d’eau du forage menaçait l’équilibre financier de l’adduction. Ce qui a incité les respon- sables à envisager l’alimentation de ce pompage par une énergie renouvelable.

Ce projet est devenu transfrontalier quand le Canton de Genève a décidé de s’associer aux régions frontalières et à divers organismes français pour proposer d’assumer financièrement le remplacement de l’alimentation de la pompe et en confiant à IAS la réalisation d’une centrale électro-solaire adéquate.

Avec cette consommation quotidienne dépassant déjà 200’000 litres à mi 2019, une alimentation du pompage sans batteries (au fil du soleil) telle qu’IAS en a déjà implanté sur plus d’une trentaine de sites, aurait nécessité un réservoir d’au moins 500m³ (500’000 litres). Or, le château construit ne contient «que» 100 m³.

D’autre part, les habitudes de la population font que la majorité de la consommation se produit à deux moments de la journée, à l’aube et au crépuscule, c’est-à-dire quand l’énergie solaire est très faible, voire nulle.

Il a donc été nécessaire d’accumuler l’énergie solaire dans une puissante batterie qui complète les 100 m³ d’eau du réservoir afin de fournir ces pointes de consommation décalées de la course naturelle du soleil.

Nous avons commandé à une entreprise malgache spécialisée la construction préa- lable d’une structure surélevée pour supporter les panneaux photovoltaïques totalisant 22 kiloWatts crêtes.

Puis, début juin 2019, nous sommes allés construire la centrale électro-solaire avec la collaboration des membres de l’Association des Jeunes de Brickaville (AJB) à qui la municipalité à confié la gestion de l’eau de la ville.

La centrale électro-solaire : la batterie d’accumulateurs de 91 kWh à 48V, les chargeurs solaires et l’onduleur triphasé de 9kW avec, sous plastique, un onduleur de rechange, au cas où… et les boitiers de commande et de protection IAS.

Le raccordement de la centrale solaire sur l’ancien système de commande de la pompe, avec en bas, le variateur de vitesse (de fréquence) permettant des démarrages en douceur de la pompe.

 

Les équilibristes de l’entreprise Herimanana montant et raccordant les 80 panneaux pho- tovoltaïques de 265 Wp.

 

L’équipe de l’AJB avec le stock de panneaux dans le local technique sous le réservoir
20 juin 2019. Tout fonctionne. L’équipe AJB-IAS contente de l’œuvre accomplie.

 

 

Joaquina Rios, Miary Ravelonjato, de HSF Madagascar, Bernard Béroud, et «Vévé» Razanamaro, l’âme de l’AJB.